Gestion des cadavres de porcs en France : volumes, organisation et collecte, stockage et traitement
Patrick CHEVILLON, Alexia AUBRY, Michel RIEU

Cet article fait le point sur les volumes d’animaux morts en élevage à collecter en France, l’organisation et les voies d’optimisation de la collecte, les systèmes de conservation par le froid et les alternatives de traitement en élevage. En France, le volume de cadavres représente 96 kg par truie en système naisseur-engraisseur, soit près de 300 kg à collecter par semaine dans un élevage de 160 truies. Afin de réduire les coûts de collecte, les risques sanitaires et d’améliorer les conditions de travail, plusieurs solutions sont envisageables : sensibiliser les éleveurs sur l’importance d’une demande rapide d’intervention, généraliser des bacs d’équarrissage adaptés, installer des aires de stockage, étudier des voies de pré-traitement et conservation plus longues à l’élevage de type stockage au froid. Ces systèmes s’avèrent coûteux. En France, il n’existe actuellement pas, conformément à la loi, d’alternatives à la collecte. Dans l’UE, l’enfouissement et le compostage en frais et la production de bio-gaz ne sont pas autorisés. A l’étranger, des solutions alternatives existent à partir de cadavres frais. Les plus opérationnelles sont le compostage et l’incinération en frais ainsi que la dégradation bactérienne.

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Le compostage de cadavres à la ferme est testé au Québec
Patrick CHEVILLON

Au Québec, les cadavres de porcs sont actuellement enlevés par un unique équarrisseur. Les coûts ont fortement augmenté et la charge est en intégralité, imputée au producteur. Les éleveurs québécois peuvent incinérer à l’exploitation les cadavres mais le coût est élevé.
Afin de valider le compostage des cadavres d’un point de vue bio-sécuritaire, la province du Québec réalise des tests sur 4 sites d’élevage équipés d’un système de compostage en silo ou d’un procédé de compostage en cylindre avec aération forcée par retournement journalier.
Dans le premier cas, le coût à la tonne traitée est proche de 110 $ et dans le second, de 104 $ canadien par tonne (74 €/tonne). C’est significativement moins que le coût actuel fixé en France de 290 €/tonne ou celui pratiqué par les équarrisseurs au Québec (153 €/tonne).
En Europe à ce jour, le compostage direct des cadavres ne peut être envisagé conformément au réglement CE 1774/2002. Une hygiénisation préalable est nécessaire.

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