L’expérience allemande de la méthanisation à la ferme : transposition au contexte français
Pascal LEVASSEUR

L’augmentation, en 2006, du prix d’achat de l’électricité issue du biogaz devrait relancer l’intérêt de la méthanisation agricole en France. Dans ce contexte, une mission d’étude, illustrée par la visite de 5 installations, a permis de faire le point sur l’expérience allemande. Les tarifs d’achat de l’électricité y sont de 15 à 21 ct.€/kWh soit les plus élevés d’Europe. Les conditions d’exploitation sont directement liées aux incitations tarifaires : ainsi, l’utilisation de cultures énergétiques est très fréquente car elle permet d’obtenir une prime de 6 ct.€/kWh alors que la valorisation de l’énergie thermique, moins subventionnée avec seulement 2 ct.€/kWh, ne constitue pas une priorité. En France, où les conditions d’achat de l’électricité ne devraient pas être aussi favorables, la rentabilité des projets de méthanisation dépendra pour beaucoup des conditions de valorisation de l’énergie thermique.

Article à télécharger 900 ko

sommaire environnement - sommaire TP vol.29 2006

 

 

 

 

 

Méthanisation à la ferme leviers de rentabilité en élevage porcin
Pascal LEVASSEUR, Michel MARCON, Patrick MASSABIE

L’étude consiste à comparer les simulations économiques de projet de méthanisation en élevage porcin afin d’étudier l’impact de 3 critères :
1. l’économie d’échelle via la taille d’élevage, 100 et 500 truies NE ;
2. la valorisation (ou non) de la chaleur par le chauffage de la maison d’habitation de l’éleveur, son eau chaude sanitaire et les salles de post-sevrage ;
3. le type d’intrant utilisé : lisier de porc seul, en association avec du maïs ensilage ou en association avec des déchets de légumes et des graisses alimentaires usagées.
Les scénarios testés montrent que pour les deux tailles d’élevage étudiées, l’emploi d’une culture énergétique n’est pas rentable économiquement. Il est donc probable qu’un développement de la méthanisation en France ne reposera pas sur l’utilisation de cultures énergétiques. Concernant la valorisation de l’énergie thermique, les possibilités explorées ici d’une utilisation sur le site même de l’exploitation (outre le chauffage du digesteur) améliorent trop peu la rentabilité des projets. D’autres voies de valorisation de l’énergie thermique produite seraient à rechercher afin de permettre une augmentation notable des recettes. Enfin, il apparaît que l’emploi en quantité suffisante de déchets organiques ayant un pouvoir méthanogène élevé constitue une condition nécessaire, et parfois suffisante, pour garantir la rentabilité des projets de méthanisation.

sommaire environnement - sommaire TP vol.30 2007